Archives mensuelles : octobre, 2014

« Lomé côte ouest », cité enguirlandée

Par un samedi après-midi très ensoleillé, je me suis fais violence en  décidant de rendre visite à un ami dont je n’ai plus eu de nouvelles bientôt un mois. Chez nous, les amis c’est aussi la famille. « Sans nouvelles, bonnes nouvelles » disait  euh…, je ne me rappelle plus du nom de l’auteur. De toutes les façons je n’adhère pas à cette philosophie. « Sans nouvelles, de bonnes raisons de s’inquiéter »  _ ma version de la citation _, donc de bonnes raisons  d’improviser une visite (lol).

Bref, la décision était prise. Une visite d’amitié et de courtoisie à mon cher ami Georges s’imposait. Un coup de fil a suffit pour lui dire que je débarque sous peu chez lui ; et me voilà en route…  Direction « Lomé Côte Ouest » _  je me réserve le droit de ne pas nommer la zone _, un nouveau quartier de la banlieue nord ouest de la ville.

Après un quart d’heure de moto, je pus constater un changement du décor. Je me retrouve dans une zone plutôt calme et reposante, une zone à l’opposé de la « grande » ville de Lomé, bruyante avec ces tas de ferrailles qui ne cessent de grincer les dents sous une musique assourdissante de klaxons ; véritable cacophonie d’une pollution sonore qui s’est invitée dans notre quotidien citadin. « Lomé Côte Ouest », c’est de nouveaux bâtiments qui foisonnent, des rues mal définies, des terrains vides et clôturés portant des autographes de ces hommes en robe noire _ encore un autre sujet qui fait débat à Lomé _, puis ce « chez d’œuvre », la grande attraction de la zone. Ma Côte Ouest est une cité toute enguirlandée…

"Lomé côte ouest" © Kekelhy

« Lomé côte ouest »
© Kekelhy

 

« Lomé Côte Ouest », visiblement, a ses propres ingénieurs en électricité. Des fils électriques entremêlés  _ certainement que des araignées à taille humaine sont passées par ici _, soutenus par des poteaux instables, décorent la jeune cité. Les besoins quotidiens en énergie électrique d’une population qui en a plus que « soif » laisse libre cours à ces « ingéniosités ». A défaut d’avoir un réseau électrique fiable ils ont opté pour ces alternatives.

Les bras m’en tombent tant les risques d’incendie et d’électrocution sont élevés au regard de ces installations précaires. L’autorité publique a-t-elle démissionné de son devoir d’extension du réseau électrique ? La demande de la population est-elle plus forte que l’offre ?

Autant d’interrogations qui fusaient dans ma tête pendant que continuais ma route, quelque peu troublé par cette découverte. Je rejoins finalement mon ami George ; le bonheur de le retrouver en bonne santé après ces moments de silence a un temps soi peu soulagé mon désarroi.

Le développement passe aussi par l’indépendance énergétique. « Lomé Côte Ouest » n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, de ces cités où l’infrastructure manque cruellement, où la population semble être oubliée. Ces réalités dont on ne parle pas assez méritent d’être corrigé.

Découverte d’une déambulation au gré des rencontres, « Lomé Côte Ouest »  m’a inspiré ce texte. Libre à vous de laisser en commentaire, en partageant avec moi le coté « système D » en matière d’électricité dans votre ville ou pays, les réalités de vos « villes Côte Ouest ». On en fera peut être un projet mapping de nos villes vues en mode « Ouest » ; nos villes en attente du soleil levant…



Pas trop tard pour faire sa rentrée

Tous les élèves, de la maternelle au lycée, ont repris les chemins des classes au Togo, pour le compte de la nouvelle année scolaire 2014 -2015. Par contre, la chance de retrouver les bancs n’est pas accordée à tous les enfants, surtout les filles. Dans le monde, nombreuses sont ces filles qui n’ont toujours pas accès à l’éducation ; elles manquent toujours à l’appel…

La rentrée-scolaire Crédit : www.lomeinfos.com

La rentrée-scolaire
Crédit : www.lomeinfos.com

 

Ils ont tous repris les chemins des classes. Enseignants, élèves du préscolaire, du primaire comme du secondaire ont fait leurs rentrées ce 29 septembre au Togo. L’on pourra s’en réjouir du désengorgement de nos rues souvent bondées de jeunes, pour la plupart, désœuvrés et vagabondant sans buts précis. Ces jeunes, dont la majorité ont passé leurs vacances à flâner vont devoir recomposer avec une autre réalité. Place à un autre décor, celui de nos rues et ruelles, cette fois-ci arpentées par de jeunes gens sacs au dos, en habits de circonstances souvent à l’effigie des établissements scolaires.

Moi aussi je me réjouis de faire ma rentrée, sauf qu’elle est un peu particulière (pas de tenue scolaire, ni sac à dos et cahiers pour moi). Je fais ma rentrée officielle à l’école Mondoblog avec ce tout premier article. Ah oui ! Je vais devoir me tailler une place parmi plus de 600 blogueurs francophones. J’ai l’honneur et le privilège d’intégrer la communauté, suite à un concours d’entrée j’avoue très sélectif. « Chez moi c’est … » désormais parmi vous.

 

Il y a beaucoup qui ont manqué à l’appel

Malheureusement, elle n’est pas totale cette joie qui m’anime à l’orée de cette rentrée. L’éducation est un droit, mais pour beaucoup de filles dans le monde, ce n’est toujours pas une réalité. 65 millions de filles dans le monde ont manqué à l’appel pour cette rentrée, l’Afrique subsaharienne est l’une des régions qui compte le plus grand nombre de filles non scolarisées.

La communauté internationale a reconnu que l’éducation est un droit auquel les populations défavorisées n’avaient toujours pas accès. Les leaders mondiaux donc fixé huit (8) Objectifs du Millénaire pour le Développement (les fameux OMD) dans le but d’obtenir l’éducation pour tous. Le corollaire est l’augmentation considérable des inscriptions au primaire. 2015, l’échéance pour ces OMD se rapproche à grand pas et d’importantes questions restent toujours sans réponses. Qui s’inscrit à l’école ? Qui la fréquente en réalité ? Qu’est-ce qu’on y apprend ? Suffit-il d’être inscrit ? Autant de questions qui n’ont toujours pas de réponses. Si la gratuité de l’école primaire est observée dans presque tous les pays (le Togo y compris), il n’en demeure pas moins un véritable défi de maintenir les filles à l’école et de les faire dépasser le primaire. L’objectif 2 des OMD, « assurer l’éducation primaire pour tous », reste flou sur la question de l’éducation secondaire  et supérieure pourtant essentielle au développement de nos Etats.

 

L’impression de repartir de zéro…

Décidément, cette rentrée me donne plus de soucis que je ne pensais. Une autre réflexion que je voudrais partager avec vous porte essentiellement sur la gestion du système éducatif de nos Etats. L’enseignement, ce métier noble, qui en réalité relève d’une vocation n’attire plus ici. Au-delà des conditions difficiles dans lesquelles ce métier est exercé (pour ne prendre que le cas du Togo), je remarque avec une extrême affliction que la majorité de l’élite africaine se retrouve dans les pays développés après leur formation. Qui viendra alors pousser nos Etats sur les rails du développement ?

Le mythe de Sisyphe Crédit : wikipedia.org

Le mythe de Sisyphe
Crédit : wikipedia.org

Pourtant nos écoles ne se désemplissent pas même si les « cerveaux » fuient. Pour preuve, à cette rentrée scolaire, l’effectif des élèves au Togo a progressé de 2%. On se retrouve dans un éternel recommence ; le travail des enseignants comparable aux efforts de Sisyphe… Il est donc important que nos politiques fassent des choix clairs en faveur de l’éducation et reconnaissent l’impératif de protéger les budgets éducatifs même quand la conjoncture est difficile.

L’éducation est un puissant levier de développement, et l’engagement pris par les leaders mondiaux dans les années 1990, de parvenir à une éducation pour tous en 2015 doit se traduire dans les faits. Mais il est important que cette éducation pour tous soit une éducation de qualité.