« Lomé côte ouest », cité enguirlandée

Par un samedi après-midi très ensoleillé, je me suis fais violence en  décidant de rendre visite à un ami dont je n’ai plus eu de nouvelles bientôt un mois. Chez nous, les amis c’est aussi la famille. « Sans nouvelles, bonnes nouvelles » disait  euh…, je ne me rappelle plus du nom de l’auteur. De toutes les façons je n’adhère pas à cette philosophie. « Sans nouvelles, de bonnes raisons de s’inquiéter »  _ ma version de la citation _, donc de bonnes raisons  d’improviser une visite (lol).

Bref, la décision était prise. Une visite d’amitié et de courtoisie à mon cher ami Georges s’imposait. Un coup de fil a suffit pour lui dire que je débarque sous peu chez lui ; et me voilà en route…  Direction « Lomé Côte Ouest » _  je me réserve le droit de ne pas nommer la zone _, un nouveau quartier de la banlieue nord ouest de la ville.

Après un quart d’heure de moto, je pus constater un changement du décor. Je me retrouve dans une zone plutôt calme et reposante, une zone à l’opposé de la « grande » ville de Lomé, bruyante avec ces tas de ferrailles qui ne cessent de grincer les dents sous une musique assourdissante de klaxons ; véritable cacophonie d’une pollution sonore qui s’est invitée dans notre quotidien citadin. « Lomé Côte Ouest », c’est de nouveaux bâtiments qui foisonnent, des rues mal définies, des terrains vides et clôturés portant des autographes de ces hommes en robe noire _ encore un autre sujet qui fait débat à Lomé _, puis ce « chez d’œuvre », la grande attraction de la zone. Ma Côte Ouest est une cité toute enguirlandée…

"Lomé côte ouest" © Kekelhy

« Lomé côte ouest »
© Kekelhy

 

« Lomé Côte Ouest », visiblement, a ses propres ingénieurs en électricité. Des fils électriques entremêlés  _ certainement que des araignées à taille humaine sont passées par ici _, soutenus par des poteaux instables, décorent la jeune cité. Les besoins quotidiens en énergie électrique d’une population qui en a plus que « soif » laisse libre cours à ces « ingéniosités ». A défaut d’avoir un réseau électrique fiable ils ont opté pour ces alternatives.

Les bras m’en tombent tant les risques d’incendie et d’électrocution sont élevés au regard de ces installations précaires. L’autorité publique a-t-elle démissionné de son devoir d’extension du réseau électrique ? La demande de la population est-elle plus forte que l’offre ?

Autant d’interrogations qui fusaient dans ma tête pendant que continuais ma route, quelque peu troublé par cette découverte. Je rejoins finalement mon ami George ; le bonheur de le retrouver en bonne santé après ces moments de silence a un temps soi peu soulagé mon désarroi.

Le développement passe aussi par l’indépendance énergétique. « Lomé Côte Ouest » n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, de ces cités où l’infrastructure manque cruellement, où la population semble être oubliée. Ces réalités dont on ne parle pas assez méritent d’être corrigé.

Découverte d’une déambulation au gré des rencontres, « Lomé Côte Ouest »  m’a inspiré ce texte. Libre à vous de laisser en commentaire, en partageant avec moi le coté « système D » en matière d’électricité dans votre ville ou pays, les réalités de vos « villes Côte Ouest ». On en fera peut être un projet mapping de nos villes vues en mode « Ouest » ; nos villes en attente du soleil levant…