Catégorie : Société

Papa Wemba pose ses valises sur la scène céleste

La nouvelle de sa disparition a secoué la toile, s’en est suivi un déferlement de messages de condoléances ainsi que des hommages rendus à l’homme pour sa brillante carrière artistique. Les seuls bémols que je déplore sont la photo de la dépouille mortelle de l’artiste sur son lit d’hôpital (qui a fait le tour des médias sociaux) et la maladresse de certains médias qui nourrissent la polémique, cherchant coûte que coûte trouver un coupable à ce triste événement. Le respect de la dignité humaine et du deuil de la famille devrait les retenir d’aller vers ces vilenies.

La dernière scène de Papa Wemba au FUMEA Crédit photo :  Femua 2016. STR  AFP

La dernière scène de Papa Wemba au Femua
Crédit photo : Femua 2016. STR AFP

Un monument de la musique africaine est tombé en terre ivoirienne. Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, dit Papa Wemba, a été victime d’un malaise lors d’un concert à Abidjan, le 24 avril, dans le cadre du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo. Il ne s’en est jamais remis.

Je ne vous ferai pas sa biographie et il me serait aussi trop prétentieux de vouloir vous résumer la carrière si riche et si dense de cet artiste au talent inouï. Une voix unique, envoûtante, assez particulière, qui cherche les notes dans les aigus pour nous offrir de la bonne musique. J’avoue avoir connu « Papa » très tard, en 1994 seulement, avec son titre à succès « Maria Valencia », extrait de l’album Le Voyageur, sorti deux ans plus tôt chez Real World Music. A l’époque, mes oreilles de jeune mélomane qui s’exerçait encore à distiller la bonne musique n’ont pas manqué d’accrocher cette grande voix d’Afrique que je n’ai plus quitté. J’ai toujours fait l’effort de suivre son actualité musicale.

Celui qui se faisait appeler Jule Presley au début de sa carrière, à cause de son amour pour le Rock américain, a réussi à donner un coup de jeune à la « nonchalante » Rumba d’alors, en y apportant sa touche particulière qu’était la guitare électrique. Il a su révolutionner cette musique en usant de cette alchimie dont il est le seul à connaitre le secret.
En revanche, j’ai plus aimé l’artiste dans son registre World music avec plusieurs chansons à succès, entre autres Show me the way, Yolele, Maria Valencia, Ye te oh …  De lui, je retiens quand même un artiste de génie aux multiples surnoms : MwalimuM’zéeJules PresleyChef Coutumier, Bakala dia kubaFula NgengeKolo Histoire, Kuru YakaVieux Bokul, Grand MayaEkumani, ElombeFormateur des idolesNotre Père… Egalement une élégance musicale qui a su trouver un prolongement dans ses tenues vestimentaires. Ceci lui vaudra le surnom  du « Pape de la SAPE » (SAPE, la Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes).

Sa disparition est une perte énorme pour le patrimoine culturel du continent africain mais aussi pour le monde de la musique. Il restera une référence pour la musique francophone. Dieu aurait besoin d’artistes de génie pour un concert de l’autre côté. Après Whitney Houston, Amy Winehouse, David Bowie, Prince, Billy Paul, c’est au tour de Papa Wemba de rejoindre à 66 ans la scène musicale céleste.



Colère « verte pelouse » d’un fana de foot

compo

Ce que je voulais voir cette Coupe d’Afrique des nations (CAN) se terminer de la meilleure des manières, avec toutes les reconnaissances qu’on devrait à la Guinée équatoriale pour une organisation salvatrice et salutaire. Hélas! les choses ne se déroulent pas toujours comme souhaité. Cette édition, la 30e, est atypique. Elle nous enlève, à nous, fieffés fanatiques du foot, toute envie de nous régaler de beaux jeux qu’on pouvait espérer. Le livre d’or des éditions de la CAN est taché. Éclaboussé d’une encre indélébile qui laissera forcément des traces sur les pages qui suivront.

Dommage que le hooliganisme et le favoritisme se sont substitués au « football champagne » dont on devrait se délecter. Le fair-play tant prôné par cette discipline sportive était littéralement absent. Sinon, comment comprendre cette partialité arbitraleces jets de projectiles sur les joueurs et supporteurs du camp adverse, ces agressions après match, cette fin de match chaotique et hachée (8 minutes de jeu évaporées sans explication), ce mastodonte flottant au-dessus de la pelouse (je m’en voudrais de ne pas exprimer ma colère, verte car les gazons verts du stade de Malabo n’ont rien de commun avec un tarmac ou une piste d’atterrissage), bref, ces nombreuses irrégularités. Notre colère est donc saine, légitime et justifiée.

Ce mastodonte qui se trompe de piste d’atterrissage.  © REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Ce mastodonte qui se trompe de piste d’atterrissage. © REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

 

Surtout loin de nous l’idée de fustiger l’esprit rassembleur de cette compétition, il nous serait tout de même impossible de passer sous silence les bavures de cette grand-messe continentale. N’est-ce pas vrai que le foot unit les peuples ? Le passé récent de certaines nations africaines peut en témoigner… Alors, de grâce, n’en mêlez pas les règlements de compte et le racisme. Ces propos certes acariâtres, sont ceux du fana foot que je suis ; outré par le mauvais spectacle que la CAN nous offre. La compétition arrive à son terme nous laissant indubitablement sur notre soif de beau spectacle. Excusez-moi de peindre en noir ce tableau du foot africain, mais je ne pouvais m’en empêcher, juste parce qu’à la lecture des commentaires faits sur la compétition, les bras m’en tombent au regard de tous les incidents qui ont émaillé la compétition, mais surtout au regard de la gestion chaotique que fait la CAF de cette édition.

Je ne ferai pas plus long que ça, seulement que nous osons croire que cette 30e édition de la CAN n’est qu’une mauvaise passe, mais qu’elle nous offrira tout de même une belle finale ouest-africaine entre la Côte d’Ivoire et le Ghana.

 

 

 



« Lomé côte ouest », cité enguirlandée

Par un samedi après-midi très ensoleillé, je me suis fais violence en  décidant de rendre visite à un ami dont je n’ai plus eu de nouvelles bientôt un mois. Chez nous, les amis c’est aussi la famille. « Sans nouvelles, bonnes nouvelles » disait  euh…, je ne me rappelle plus du nom de l’auteur. De toutes les façons je n’adhère pas à cette philosophie. « Sans nouvelles, de bonnes raisons de s’inquiéter »  _ ma version de la citation _, donc de bonnes raisons  d’improviser une visite (lol).

Bref, la décision était prise. Une visite d’amitié et de courtoisie à mon cher ami Georges s’imposait. Un coup de fil a suffit pour lui dire que je débarque sous peu chez lui ; et me voilà en route…  Direction « Lomé Côte Ouest » _  je me réserve le droit de ne pas nommer la zone _, un nouveau quartier de la banlieue nord ouest de la ville.

Après un quart d’heure de moto, je pus constater un changement du décor. Je me retrouve dans une zone plutôt calme et reposante, une zone à l’opposé de la « grande » ville de Lomé, bruyante avec ces tas de ferrailles qui ne cessent de grincer les dents sous une musique assourdissante de klaxons ; véritable cacophonie d’une pollution sonore qui s’est invitée dans notre quotidien citadin. « Lomé Côte Ouest », c’est de nouveaux bâtiments qui foisonnent, des rues mal définies, des terrains vides et clôturés portant des autographes de ces hommes en robe noire _ encore un autre sujet qui fait débat à Lomé _, puis ce « chez d’œuvre », la grande attraction de la zone. Ma Côte Ouest est une cité toute enguirlandée…

"Lomé côte ouest" © Kekelhy

« Lomé côte ouest »
© Kekelhy

 

« Lomé Côte Ouest », visiblement, a ses propres ingénieurs en électricité. Des fils électriques entremêlés  _ certainement que des araignées à taille humaine sont passées par ici _, soutenus par des poteaux instables, décorent la jeune cité. Les besoins quotidiens en énergie électrique d’une population qui en a plus que « soif » laisse libre cours à ces « ingéniosités ». A défaut d’avoir un réseau électrique fiable ils ont opté pour ces alternatives.

Les bras m’en tombent tant les risques d’incendie et d’électrocution sont élevés au regard de ces installations précaires. L’autorité publique a-t-elle démissionné de son devoir d’extension du réseau électrique ? La demande de la population est-elle plus forte que l’offre ?

Autant d’interrogations qui fusaient dans ma tête pendant que continuais ma route, quelque peu troublé par cette découverte. Je rejoins finalement mon ami George ; le bonheur de le retrouver en bonne santé après ces moments de silence a un temps soi peu soulagé mon désarroi.

Le développement passe aussi par l’indépendance énergétique. « Lomé Côte Ouest » n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, de ces cités où l’infrastructure manque cruellement, où la population semble être oubliée. Ces réalités dont on ne parle pas assez méritent d’être corrigé.

Découverte d’une déambulation au gré des rencontres, « Lomé Côte Ouest »  m’a inspiré ce texte. Libre à vous de laisser en commentaire, en partageant avec moi le coté « système D » en matière d’électricité dans votre ville ou pays, les réalités de vos « villes Côte Ouest ». On en fera peut être un projet mapping de nos villes vues en mode « Ouest » ; nos villes en attente du soleil levant…