CAN 2015 : de la compétition des « Nuls » au « Loto foot »

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Marquée par une entame peu reluisante – en témoigne la cérémonie d’ouverture qui pour moi n’était pas à la hauteur de l’événement –, la 30 ème édition de la grande messe africaine, qui célèbre le football sport roi du continent, s’illustre par sa particularité. Depuis le désistement du Maroc, les suspens autour de la compétition n’ont fait que s’enchaîner crescendo.

Au prix d’un grand coup publicitaire nationale, la Guinée Equatoriale, coorganisatrice de l’événement avec le Gabon deux années auparavant, a osé, et sauve récupère la compétition, qu’elle organise cette fois-ci seule. Le pays nous a sorti le grand jeu en défiant les contraintes techniques et temporelles. Seulement deux mois pour organiser la compétition. Plus de peur que de mal, elle a bel et bien démarré comme prévu le 17 janvier. Issa Hayatou et ses compères ne pouvaient que s’en réjouir.

Premier tour, récapitulons tout en chiffre
Il n’y a pas plus frustrant, à la limite agaçant, que de s’asseoir devant son poste téléviseur pendant 90 minutes, pour suivre un match qui se solde par un résultat « nul », pire, sur un score vierge de 0 but par tout. La CAN 2015 nous a habitué à ce scénario. Les 8 matchs de la première journée nous ont servi 5 matchs nuls. Et comme si on n’en avait pas eu pour notre dose, la deuxième journée récidive, encore cinq matchs aux scores étriqués et nuls. Le suspens a été donc maintenu dans les poules jusqu’à la fin des matchs de la dernière journée du premier tour. En bref, la phase des poules a été celle des « Nuls ». Sur les 24 confrontations directes, les statistiques nous révèlent 13 matchs nuls. 54% des matchs nous ont déçus…

Du foot loto ou du loto foot, bref de la loterie

le hasard fait bien les choses

A égalité parfaite dans le groupe D – le groupe adepte des matchs nuls – après trois rencontres, le Mali et la Guinée ont dû se tourner vers la providence. Un  tirage au sort s’est imposé pour les départager. Et parait-il que ce n’est pas un fait inédit dans l’histoire de la compétition. La Côte d’Ivoire et l’Algérie ont déjà joué ce « foot loto » en 1988. En effet l’article 14 du règlement de la Coupe d’Afrique des Nations précise qu’en cas d’égalité entre deux équipes, c’est le plus grand nombre de points obtenus dans les confrontations directes qui départage les équipes. Le deuxième critère est la différence de but s’il y a toujours égalité, puis vient le critère du plus grand nombre de buts marqués sur l’ensemble des matchs du groupe. Si l’égalité persiste, la qualification est décidée par un tirage au sort. C’était le cas pour le Mali et la Guinée. La chance était du côté de la Syli national de la Guinée. La providence a juste voulu récompenser une équipe qui a connu une phase de qualification assez particulière.

Le suspens du groupe D de cette CAN méritait un meilleur dénouement – je préfère un dénouement sportif à cette loterie –, si la CAF prenait en considération d’autres critères, entre autres l’indice de classement, le fair-play (le nombre de cartons reçus), ou encore les tirs au but. D’aucun me diront que ce dernier critère relève aussi du hasard, mais je pense que ce hasard serait mieux accepté des perdants, puisqu’il engage fortement les joueurs, le collectif. Avec les épreuves de tirs au but la qualification se joue sur le terrain, et non dans les hôtels où le sort des équipe est suspendu au verdict d’une pièce de monnaie ou d’un dé pipé.